17 nov 2011
Salut Matthieu,
Nous nous sommes connus durant nos études à Polytech’Nice Sophia. Nous étions dans la même promo. Tu es aujourd’hui formateur Ruby on Rails sur Paris et ton point de vue m’intéresse.
Je souhaite interviewer quelques personnes aux profils divers afin d’avoir un état des lieux de la communauté en France et de réfléchir ensemble à comment la faire évoluer.
Si tu le veux bien, j’aimerais en savoir plus sur ta vision de Ruby.
- Peux-tu te présenter en quelques lignes ?
Bonjour ! J’ai 27 ans et je vis sur Paris.
Je suis passionné par le développement depuis presque 10 ans. Depuis mes études à Polytech’Nice, une école d’ingénieurs en informatique, je suis passé par de grandes sociétés comme Orange, mais c’est vraiment dans des petites structures que j’ai commencé à m’épanouir (petite SSII, startup).
J’ai commencé mes premières applications web début 2006 avec Python et le framework TurboGears. Je ne connaissais à l’époque que C / C++ et Java. La découverte de Python fut pour moi une bonne surprise : un langage simple et efficace. TurboGears n’était pas assez mûr à ce moment là, il souffrait d’un sérieux manque de cohérence.
C’était décidé, mes prochains projets serait en PHP ! La syntaxe me plaisait moins que Python mais la communauté était très dynamique. Il y avait beaucoup de librairies disponibles et des frameworks web de qualité. Le framework CodeIgniter me convenait parfaitement, je trouvais l’architecture MVC très bien pensée. Mes projets étaient mieux structurés, plus faciles à maintenir. Son seul défaut était son ORM vraiment trop léger. Je ne voulais plus écrire de SQL, surtout pour des requêtes basiques et redondantes.
J’ai intégré en 2008 une startup créé par des anciens d’Apple. Leurs produits était en Java avec le framework conçu et utilisé par Apple : WebObjects. Je n’en avais jamais entendu parlé. Pourtant il était utilisé pour iTunes Music store, Apple store etc, bref des sites à fort trafic. WebObjects reste pour moi un vrai bijoux. Il allie la rapidité de Java avec une architecture MVC déconcertante de simplicité. Son point fort : un ORM très puissant. Par exemple, on peut modifier toute une grappe d’objets persistants avec une grande élégance, entièrement en Java. Puis faire un UNDO sur la grappe pour retrouver l’état d’origine. On peut bien sûr faire un REDO pour retrouver nos changement, et tout cela sans une requête SQL ! Ce n’est bien sûr qu’un exemple de la efficacité de cet ORM.
Après la sortie de Ruby on Rails 3, j’ai décidé de m’y remettre en tant qu’indépendant. J’ai donc créé ma société de conseil et développement web autour de cette technologie. Aujourd’hui, je suis formateur Ruby on Rails.
Enfin, comme tu le sais sûrement, j’ai co-fondé avec toi le site d’actualité RubyLive :)
- Qui sont tes clients ? Que leur apportes-tu ?
Mes activités sont assez variées. Cela va de la conception d’application web à des missions, plus ponctuelles, de conseil. Mes clients vont de la SSII à la start-up en passant par de grands comptes comme la Société Générale.
Après plusieurs demandes de la part de clients souhaitant une formation Ruby on Rails. J’ai voulu me lancer. J’ai réfléchi à la manière dont j’aurais aimé apprendre ce framework.
Je voulais que cela soit simple, ludique et pratique à la manière de Code School ou encore du livre Agile Web Development with Rails.
Le stagiaire construit un petit projet qu’il développe au fur et à mesure de sa progression dans les notions de Rails. Au bout de 3 jours, il déploie son projet sur Heroku.
- Comment as-tu commencé à développer en Ruby ? Quelles ont été tes motivations ?
Je suis tombé dans le Ruby en école d’ingénieur. J’étais frustré par la complexité des technologies enseignées dans mon école comme par exemple J2EE.
C’est en 2006 que j’ai découvert les joies de Ruby on Rails. Avec 3 amis dans le cadre d’un projet d’école, nous voulions faire une application de partage de notes : le google docs des post-it !
Mon premier contact avec Ruby fut assez déroutant, en particulier avec les blocks, j’ai mis du temps à me faire à la syntaxe. J’étais déjà moins perturbé par Ruby on Rails qui reprenait des concepts que je connaissais déjà. Il y avait cependant un réel plus, deux principes : Convention Over Configuration et DRY : Don’t Repeat Yourself ! Avec ces deux principes, le travail en équipe devenait un vrai plaisir : nous savions tous où trouver le code des autres et il y avait moins de mauvaises surprises. De plus, les tests et les migrations de base de données amélioraient encore plus le travail en groupe. Nous pouvions faire évoluer la structure de la base en équipe tout en évitant les régressions.
En 3 semaines nous avions un prototype fonctionnel : on pouvait inviter des amis sur un «bureau» et partager avec eux des post-it en temps réel avec du push (déplacement, redimensionnement, couleur, texte).
Notre professeur était sidéré par notre avancé. Il ne connaissait pas Ruby. Il a, par la suite, suivi notre projet avec un grand intérêt. L’année d’après il enseignait le Ruby à l’école !
- Considères-tu Ruby et Ruby on Rails comme un avantage concurrentiel ? Pourquoi ?
Lien : Les avantages de Ruby on Rails
- Peux-tu me décrire ton environnement de travail habituel ? Quels gems, langages, techno, OS, IDE, méthodes utilises-tu ?
Je travaille sous Mac avec TextMate. Mon navigateur est Safari. J’utilise TotalTerminal pour avoir mon terminal accessible à tout moment sur n’importe quel bureau. Ma base de données est sur PostgreSQL, cela me permet d’avoir moins de mauvaises surprises lorsque je déploie sur Heroku.
Coté serveur, je développe essentiellement avec Ruby on Rails (2.3, 3.0 et 3.1).
Pour le JavaScript : CoffeeScript avec JQuery, pour les feuilles de style : SCSS avec Compass, et HAML pour le templating.
Coté design, le bootstrap twitter rend mes applications présentables pour un client en attendant le graphiste.
Les gems que j’utilise régulièrement : Devise pour l’authentification, Simple_form pour la génération des formulaires, Boilerplate pour le HTML5, ActiveAdmin pour l’interface d’administration, Resque pour la gestion des tâches de fond, Sunspot pour la recherche, state_machine pour la gestion des états, SettingsLogic pour la configuration de l’application.
Je déploie mes applications sur Heroku. Je me sers de Github pour héberger mon code.
Pour gérer les projets, mes clients et moi utilisons PivotalTracker, un outil dédié à la gestion de projet en Scrum. Ils sont donc au courant en temps réel de mes avancés qu’ils peuvent à tout moment voir en ligne.
- Que penses-tu de la communauté Ruby en France ?
Depuis ces 6 derniers mois, la communauté Ruby en France s’agrandit et se dynamise.
Le nombre d’offres d’emploi Ruby augmente, de nouveaux apéros Ruby fleurissent partout en France. En moins de 6 mois, les apéros Ruby sur Paris sont passés de 10 à 90 participants et je pense que cela va continuer à augmenter.
Sur le web, le constat est le même, plusieurs blogs ont vu le jour récemment, les articles francophones sur Ruby se multiplient. RubyLive montre nettement ce phénomène. En moins de 3 semaines, nous avons eux plus d’une centaine articles, la plupart en français, de sources très différentes.
L’intérêt pour Ruby en France fait naître une demande croissante de ressources écrites en Français, de présentations pour débutant, de partage avec des Rubistes.
- As-tu des idées pour améliorer la situation actuelle de la communauté ruby ?
Les apéros Ruby sont un vecteur essentiel du dynamisme de la communauté en France. Des nouvelles têtes arrivent avec une foule de questions, c’est important qu’ils puissent trouver des rubistes avec qui parler, ainsi que des présentations pour débutant. C’est l’occasion, pour les rubistes, d’échanger et de se connaître. Je trouve que c’est vraiment stimulant de se rencontrer physiquement régulièrement.
Je pense qu’il y a un gros travail de pédagogie à fournir pour expliquer quels sont les atouts de la technologie, que peut-on faire avec, ect.
Enfin, je pense qu’il faut donner de la visibilité et soutenir le partage d’articles parlant de Ruby. C’est ce que j’essaye de faire avec RubyLive.
- Quel rôle l’association Ruby France doit avoir aujourd’hui ?
L’organisation du dernier RailsCamp par Yann Klis était un succès, de même pour le Ruby Lugdunum. L’association Ruby France devrait favoriser encore plus ce genre d’initiatives.
Les entreprises devraient pouvoir sponsoriser Ruby France chaque année. Cela permettrait à l’association de payer à temps partiel un ou deux community managers dont le seul but serait de promouvoir Ruby dans les écoles, les entreprises, les évènements informatiques. Ruby France devrait aussi rémunérer un communiquant chargé de décrocher des sponsoring de grosses sociétés (Microsoft, Heroku, Engine Yard, etc.).
L’argent récolté pourrait servir à soutenir des actions locales ou des événements plus importants (nationaux ou européens).
- Je te laisse le dernier mot pour conclure :)
Je vous donne rendez-vous au prochain apéro Ruby sur Paris (tous les premiers mardis du mois). N’hésitez pas à partager vos articles ou à suivre l’actualité sur Rubylive.
Merci beaucoup de m’avoir accordé un peu de ton temps.
Vous pouvez retrouver Matthieu Segret sur Twitter ou sur son blog.
26 oct 2011
Depuis quelques mois nous assistons à un retour incontestable de Ruby en France. De plus en plus de startups l’utilisent, des apéros Ruby fleurissent à travers la France, plusieurs blogs ont vu le jour récemment… Jamais autant d’articles n’ont été écrits en français sur Ruby.
Matthieu Segret et moi-même avons souhaité apporter une nouvelle pierre à cet édifice. Nous avons réfléchi à un moyen d’agréger ces multiples sources d’informations afin d’aider la communauté. C’est comme ça que nous avons créé RubyLive !
RubyLive est un flux d’actualités maintenu par la communauté (à la manière de RubyFlow). Chacun, une fois inscrit, peut soumettre des articles. Une fois modérés, les articles deviennent visibles, ils apparaissent sur le flux RSS et sont publiés sur nos comptes Facebook et Twitter.
Notre souhait est que RubyLive devienne la source d’information de référence pour tous les développeurs Ruby francophones. Pour cela, nous allons rester à votre écoute. Si vous avez des idées ou des suggestions, n’hésitez pas à nous les soumettre grâce au bouton situé en bas de page. Nous développerons en priorité les fonctionnalités les plus demandées.
Afin que ce site soit et reste d’une qualité professionnelle, nous avons demandé à des sociétés de nous soutenir. Nous sommes heureux de compter parmi nos premiers partenaires : Novelys, Belighted, Entropic Synergies, RemixJobs…
Nous comptons sur vous pour nous proposer des news de qualité et faire connaître RubyLive autour de vous !
A tout de suite sur RubyLive.fr !
14 oct 2011
J’ai 34 ans, je suis ingénieur des Mines de Saint-Etienne, avec une spécialisation en informatique et micro-électronique. J’ai travaillé une dizaine d’années à l’étranger où je me suis consacré à la gestion d’archives audiovisuelles numériques au sein d’une multinationale.
A mon retour en France, je me suis installé à Bordeaux où j’ai fondé Wopata, une entreprise de prestation de services spécialisée dans la réalisation d’applications web (Ruby on Rails) et mobiles (iOS, Android). Wopata est récemment devenue éditeur avec sa propre suite logicielle Pillango dédiée à l’intervention humanitaire.
- Quand as-tu commencé à développer en Ruby ? Quelles ont été tes motivations ?
J’ai commencé à développer en Ruby en 2005 via la version 0.6 de Rails (sic).
Les technologies que j’utilisais au quotidien dans mon travail ne me convenaient plus et je ressentais notamment de la frustration par rapport à l’ORM que nous avions développé en interne. J’ai découvert Rails et Active Record et j’ai tout de suite compris leur potentiel !
- Considères-tu Ruby et Ruby on Rails comme un avantage concurrentiel ? Pourquoi ?
Je ne constate pas de demande d’utilisation d’une technologie précise de la part de nos clients. Certains peuvent être sensibles à une technologie en particulier ; d’autres viennent nous voir parce qu’on s’appuie sur des méthodes agiles.
Par contre, ils nous demandent tous d’être efficaces et surtout flexibles.
Le langage Ruby est à mon sens un de ceux qui répond le mieux à ces impératifs. Je vais prendre l’exemple de la modélisation. Nous n’avons plus besoin de passer par des modèles conceptuels de données. Grâce à la grande flexibilité de Ruby / Ruby on Rails, nous concevons directement les modèles physiques.
Un autre point fort de Ruby c’est sa communauté très active. On a accès à une multitude de gems, de plugins… A Wopata, Ruby est la pierre angulaire de tous nos développements web, en particulier pour Pillango. La réalisation de Pillango a été rendue possible grâce aux Rails Engines qui nous ont permis d’arriver à une architecture très flexible.
- Peux-tu me décrire ton environnement de travail habituel ? Quels gems, langages, techno, OS, IDE, méthodes utilises-tu ?
L’équipe de Wopata compte une quinzaine de personnes aujourd’hui. J’ai donc un peu abandonné la partie technique même si je garde encore quelques heures par semaine pour faire de la veille et du prototypage.
Je peux te décrire l’environnement habituel dans lequel travaille l’équipe.
A Wopata, nous sommes habitués à travailler sous Mac et Linux. Nos développements se font essentiellement sous Rails 3.1. On utilise aussi RVM et Homebrew comme package managers.
La quasi totalité de nos applications est hébérgée sur le Cloud . Les projets les plus gros pour lesquels on a besoin de configurations spécifiques sont hébérgés sur Amazon EC2 et les projets de taille moyenne sont hébérgés via Heroku, pour simplifier le déploiement.
On utilise les gems mainstream comme Cancan, Devise ou Paperclip. De plus, nous avons nos propres gems, par exemple pour synchroniser les bases de données serveur avec les bases de nos applications mobiles.
Nous n’utilisons pas d’IDE. Nous préférons les éditeurs de texte tels que Textmate et vim.
On se sert de Git pour tous nos projets avec un workflow qui repose sur l’utilisation de branches.
Nous avons recours à une myriade de services externes car notre métier n’est pas tant le développement mais plus l’intégration de briques (Postmark, Websolr).
- Que penses-tu de la communauté Ruby en France ?
Je peux donner mon sentiment sur deux axes: la communauté des développeurs et en tant que recruteur.
Du point de vue des développeurs, la communauté est en pleine construction. Comme tu le sais, il y a des niches très actives à Sophia Antipolis, Lyon, Strasbourg ou Paris mais à Bordeaux on est encore assez isolé même si quelques évènements voient le jour. A noter bientôt le premier apéro Ruby à Bordeaux qui aura lieu tous les mois.
Ayant recruté plusieurs développeurs depuis la création de Wopata, je constate que les formations sur Ruby sont souvent inexistantes. A mon avis, cela s’explique par le fait que les écoles n’ont pas encore toutes compris l’enjeu de ce type de technologie. J’espère que la situation va s’améliorer au fil du temps. J’y contribue modestement en donnant des cours sur Ruby et Ruby on Rails dans une école d’ingénieurs à Paris. Par ailleurs, il existe de bonnes offres d’e-learning comme Rails for Zombies.
- As-tu des idées pour améliorer la situation actuelle de la communauté ruby ?
La communauté des développeurs est très active. Il nous reste maintenant à sensibiliser les chefs de projets, les chefs de produits et autres décideurs qui doivent comprendre ce qu’on gagne à utiliser ces technologies.
A ma connaissance, il n’existe pas d’annuaire de projets référence qui ont été faits avec Ruby on Rails, … et pourtant ils existent ! Il serait intéressant d’avoir des études de cas avec une approche plutôt business que technique.
- Quel rôle l’association Ruby France doit avoir aujourd’hui ?
Nous ne sommes pas membre de cette association, il me parait donc difficile de donner mon sentiment. Toutefois, son rôle fédérateur devrait pouvoir sensibiliser professionnels et écoles.
- Je te laisse le dernier mot pour conclure :)
L’enjeu de la communauté est de montrer qu’avec Ruby et Ruby on Rails on arrive à être efficace et à réaliser de belles choses. Attention, arrêtons tout de même de mettre en concurrence Ruby et Ruby on Rails avec d’autres technologies, afin d’éviter de passer pour une communauté dogmatique et arrogante. Tout le monde est le bienvenu … surtout à Wopata ! Nous sommes actuellement à la recherche de nouveaux talents pour rejoindre l’équipe.
- Merci beaucoup de m’avoir accordé un peu de ton temps.
11 oct 2011
Aujourd’hui Nima Izadi (@Nima_Izadi) et Nicolas Dupont (@lowx512) sont mes invités, ils sont étudiants à Polytech’Nice Sophia. Ils viennent de mettre en ligne un blog, On The Rails Again, pour aider les gens à se former à Ruby on Rails simplement et en français. J’apprécie beaucoup cette initiative et je souhaitais qu’ils vous en parlent !
Nous sommes deux élèves en dernière année d’école d’ingénieur en option IHM spécialité Web à l’école Polytech’ Nice Sophia. Nous sommes tous deux passionnés de Web depuis le début de nos études et notamment par les technologies comme Ruby On Rails ou encore Coffeescript. Nous faisons actuellement une alternance dans l’entreprise Intellicore dans laquelle nous travaillons sur un gros projet Ruby On Rails.
Nous avons fini récemment notre stage (que nous avons également fait ensemble) pendant lequel nous avons du reprendre et améliorer un projet Ruby On Rails.
On The Rails Again vise, pour le moment, principalement les débutants en Ruby On Rails qui ne sont pas forcément ami avec l’anglais et qui cherchent à comprendre certains aspect de Rails qui ne sont pas évident au début. Nous allons essayer d’apporter des réponses aux questions que nous avons pu nous poser en tant que débutant et pour lesquelles nous avons eu du mal à trouver des réponses.
L’idée est de commencer par les bases mais par la suite traiter des points plus précis et plus compliqué. C’est pour ça que, par la suite, nous pensons également écrire des articles sur tout ce qui tourne autour de Ruby On Rails, autrement dit sur du Javascript, CSS, CoffeeScript Backbone.js etc. Mais pour le moment nous voulons nous focaliser sur l’apprentissage de Rails.
Merci Nima et Nicolas, encore bravo pour l’initiative.
Chers lecteurs, vous pouvez leur proposer des articles ou des idées d’articles sur leur Twitter : @OnTheRailsBlog
3 oct 2011
Bonjour Thibaut,
On ne s’est jamais rencontré, mais je te vois souvent dans ma timeline Twitter. J’entends souvent parler de toi aussi.
Je souhaite interviewer quelques personnes aux profils divers afin d’avoir un état des lieux de la communauté en France et de réfléchir ensemble à comment la faire évoluer.
Tu es freelance depuis plusieurs années et ce point de vue m’intéresse !
Si tu le veux bien, j’aimerais en savoir plus sur toi et ta vision de Ruby.
- Peux-tu te présenter en quelques lignes ?
Bonjour ! Je m’appelle Thibaut Barrère, j’ai 34 ans. J’ai créé ma société LoGeek en 2005. En 2010, ma compagne Cécile m’a rejoint pour travailler avec moi.
Nous travaillons sur notre premier produit SAAS, WiseCash, qui aide les freelances et petites structures à anticiper et optimiser leur trésorerie (c’est une appli Rails 3.1 pour l’anecdote).
Mon activité principale en dehors de WiseCash est le consulting : accompagnement technologique, majoritairement avec Ruby et RubyOnRails. Je travaille en particulier sur l’automatisation au sein des entreprises, l’interfaçage entre plusieurs systèmes (legacy, CRM, flux de données…), le traitement de données (ETL, Datawarehouse) et le développement en Ruby ou Rails en général. Je gère généralement la totalité du cycle projet, du recueil du besoin, au développement itératif à la Scrum (je suis certifié Scrum Product Owner), au déploiement et provisioning de serveurs et à la maintenance. Je travaille généralement avec mes clients sur la durée, dans une relation de confiance.
- Comment se passent les relations entre freelances Ruby ? Y-a-t-il des groupes qui s’entraident par exemple ?
J’ai des échanges fréquents par mail, téléphone ou IRC, avec un bon groupe de Rubyistes, freelances ou non. Les relations entre nous sont très bonnes.
Les échanges sont nombreux et on s’entraide, que ça soit sur des sujets techniques (que penses-tu de MongoId ? Backbone.js ? etc), sur des sujets de gestion de projet (pour s’aider à estimer correctement un projet compliqué), pour partager des outils nouveaux, ou encore sur de l’administratif ou du commercial (comment gère-t-on la TVA sur un produit SAAS ?).
On se transmet également les demandes de clients qu’on ne peut pas traiter.
Donc pour les gens que je connais en tout cas : un vrai sens de l’entraide.
- Quand as-tu commencé à développer en Ruby ? Quelles ont été tes motivations ?
J’ai débuté en 2004. Ma motivation initiale était de pouvoir compiler, sous Windows, une librairie C++ qui venait de Solaris et dont les outils de build n’étaient pas disponibles sur Windows. Rake et Ruby m’ont permis de recréer ce qui était nécessaire en une cinquantaine de lignes et en moins de temps que je ne l’aurais espéré.
J’ai continué à me servir de Ruby en clientèle (parsing de logs, outils de build, etc.), puis je me suis mis à utiliser Rails en 2005. J’ai réalisé une première application personnelle pour apprendre, puis j’ai proposé à un client d’utiliser la techno pour répondre à un de leurs besoins, et ainsi de suite.
Une force de Ruby est qu’avec une connaissance minime du langage, on peut déjà résoudre des problèmes et apprendre au fur et à mesure selon ses besoins.
- Considères-tu Ruby et Ruby on Rails comme un avantage concurrentiel ? Pourquoi ?
Je considère Ruby en général comme un avantage concurrentiel très conséquent, pour plusieurs raisons que je vais détailler.
La concision du langage et la productivité que j’obtiens avec Ruby, comparativement aux autres plateformes que j’utilise, est nettement plus importante. La concision, qui paraît un détail sympathique au début, a des ramifications à tous les étages, notamment sur l’écosystème disponible, ou la capacité à refactorer ou comprendre intégralement une application.
L’écosystème de librairies et outils, d’autre part (plugins variés, mais aussi pièces d’infrastructure comme Resque, outils de provisioning de serveur comme Chef) est d’une grande richesse.
Le test automatisé est fortement engrainé dans le monde Ruby, avec une perpétuelle recherche d’amélioration sur “comment bien tester une application” (ce qui me permet de refactorer une application à l’envie).
Finalement, en quelques années, déployer une application Ruby normale est passé du sujet d’expert à quelque chose de facile (ex: Heroku, DotCloud, Passenger…), avec une foultitude d’outils tels que NewRelic, AirBrake, pour instrumenter le tout.
- Peux-tu me décrire ton environnement de travail habituel ? Quels gems, langages, techno, OS, IDE, méthodes utilises-tu ?
Je travaille sur Mac avec TextMate, et j’utilise des VM Windows via VirtualBox quand c’est utile.
J’utilise les gems suivants : Rails 3/2, Ruby 1.9/1.8, Guard, JasmineRice, Rake, Haml, Sass, Resque/DelayedJob, Sunspot (Solr), ThinkingSphinx, API Cache, Redis store (cache), Rufus scheduler, Amazon/ECS, MongoMapper/Mongomatic, RSpec ou Test::Unit, Cucumber, FactoryGirl, Awesome Print, Will Paginate, Prawn / PDF::Writer, Acts as Taggable variés, Nokogiri/Hpricot/libxml, Hoptoad/ExceptionNotifier, Whenever ou autres gems pour cron, Capistrano ou Chef-solo.
Pour les traitements de données ETL, j’utilise généralement ActiveWarehouse-ETL, librairie open-source dont je suis l’actuel mainteneur, ou une variante plus légère.
Les OS et technos varient : cette année j’ai travaillé en Rails 3/MySQL déployé sur Ubuntu, en JRuby+Java+Resque déployé sur Windows Server 2003, en Rails 3+MongoDB déployé sur Heroku, en Rails 2+Ruby 1.8.7 déployé sur SliceHost… Je m’adapte à ce qui est pertinent pour mes clients.
Le mode opératoire est généralement agile : j’ai tendance à utiliser Acunote pour les estimations et les sprints à la Scrum, à travailler à distance, à faire du pair-programming de temps en temps (même à distance), à tester rigoureusement.
Je facture à l’heure passée exclusivement, et je tracke mon temps avec Freckle.
- Que penses-tu de la communauté Ruby en France ?
En préambule, je ne suis pas membre de l’association et je connais peu ses actions actuelles.
Je crois beaucoup, pour développer la communauté, à :
Si quelqu’un veut me contacter pour discuter, vous êtes le bienvenu => thib…@gmail.com
Merci beaucoup de m’avoir accordé un peu de ton temps.
Merci à toi pour ton initiative qui donne plus de visibilité à la communauté Ruby en France :)