Ce que j’aurais aimé apprendre en école d’ingénieur en informatique

J’ai fait des études d’ingénieur en informatique à Sophia-Antipolis dans une école qui s’appelle Polytech Nice-Sophia. Je suis globalement satisfait de l’enseignement technique que nous avons eu.
En revanche j’ai dénoté des manques notamment sur le marché du travail, l’aptitude à chercher du travail, la collaboration avec des personnes non techniques…
Après discussion avec des développeurs sortis d’autres écoles, ces manques sont assez génériques.

Voici donc la liste (dans le désordre) des sujets que j’aimerais qu’on enseigne dans les écoles d’ingénieurs en informatique :

  • Comment et pourquoi faire de la veille ?
  • Il n’y a pas que les SSII et les grands groupes qui recrutent
  • On a pas forcément besoin d’un CV pour trouver un job
  • Comment et pourquoi se faire du réseau ?
  • Quels événements fréquenter et pourquoi ?
  • Comment travailler sa crédibilité (écrire des articles, participer à des conférences, créer des projets…)
  • Comment créer une société/devenir AE ?
  • Quels sont les salaires en sortie d’école
  • Collaborer avec des profils non techniques (business, designers, clients…) par exemple par le biais d’hackatons tels que Startup Weekend

La liste n’est pas exhaustive, mais ça serait déjà bien que les écoles ajoutent une partie de la liste.

Et vous, qu’est-ce qu’il vous a manqué à l’école ?

Pourquoi les restaurants qui ont une vision sont-ils meilleurs que les autres ?

J’adore aller au restaurant, découvrir de nouveaux plats, de nouvelles saveurs, de nouvelles cuisines… Dernièrement, j’ai remarqué que tous les restaurants que j’aimais avaient une chose en commun : tous accordent beaucoup d’importance à leur vision.

Qu’est-ce que la vision ?

La vision, c’est la raison pour laquelle le gérant a créé ce restaurant ; autrement dit, ce qu’il veut changer dans le monde. La vision est ce qui guide le fondateur dans chacun de ses choix et qui le fait se lever chaque matin. Elle provient généralement d’une frustration profonde.

Quand la vision est importante pour le fondateur, il aura généralement pris soin de l’indiquer en préface du menu. Sinon, il faudra lui demander pourquoi il a créé ce lieu et vous aurez vite la réponse. Je vous invite à le faire systématiquement, c’est souvent très intéressant.

Par exemple, un des restaurants que j’adore sur Montpellier s’appelle Les 3 Royaumes. Il a été monté par 4 chinois qui étaient venus faire leurs études en France et qui ont été très surpris de voir que la nouriture proposée par les restaurants chinois d’ici n’était pas du tout celle qu’ils avaient l’habitude de manger dans leur pays d’origine. Ils ont donc décidé de monter un restaurant pour montrer au français la vraie gastronomie choinoise. Voilà une belle vision !

Les fausses visions

Attention cependant, il y a des visions qui n’en sont pas vraiment. Par exemple :

« J’ai créé ce restaurant car je voulais être mon propre patron »

« J’ai créé ce restaurant car j’ai toujours rêvé monter ma boîte »

« J’ai créé ce restaurant car je voulais gagner plus d’argent qu’en étant salarié »

Ca change quoi d’avoir une vision ?

Une vision claire est ce qui motive le plus un entrepreuneur à déplacer des montagnes pour changer le monde. Bien plus que l’argent !

Ensuite, ça joue sur la qualité d’exécution. A votre avis, entre un restaurant tenu par des gens qui veulent faire découvrir la cuisine de chez eux et un qui est géré uniquement pour faire de l’argent, lequel fera la meilleure cuisine ?

Enfin, cela offre des possibilités de pivots beaucoup plus larges. Par exemple, si le restaurant chinois dont je parlais ne rencontrait pas le succès esconté (ce que je n’espère vraiment pas !!), les fondateurs pourraient tout à fait décider d’écrire un livre ou se transformer en agence de voyage, tout en restant en total accord avec leur vision. En revanche, s’ils l’avaient créé dans un but uniquement financier, ils n’auraient probablement aucune issue.

Et vous, qu’elle est votre vision ?

[Video] Testez votre idée en quelques heures – Sud Web 2012

Voici la vidéo de ma conférence à Sud Web sur le Lean Startup

Comment des milliers de fans de Justin Bieber ont découvert HashtagBattle ce weekend

Tout commence, samedi après-midi quand @mtv poste un tweet pour demander à ses followers de voter pour la vidéo de clip qu’ils préfèrent :

Les résultats sont visibles sur le site de MTV. Là c’est le choc pour les fans de Justin Bieber ! Le clip de leur fan est que 2eme derrière celui de One Direction (1D pour les intimes).

Les fans n’y croient pas. Ils cherchent alors sur le net un autre moyen de compter. C’est là qu’ils tombent sur Hashtagbattle ! Miracle, lorsqu’ils font la recherche sur HashtagBattle, ils voient que Justin est premier. En fait, la plupart regarde le compte global alors que MTV compte sur une durée bien définie.

Rapidement, des milliers de fans demandent des explications à MTV. On assiste à une avalanche de tweet de ce style :

Quand je dis des milliers c’est sans aucune exagération ! Voici le nombre de tweets contenant un lien vers Hashtagbattle ces dernières heures :

On a assisté à un pic de 3618 tweets/heure juste après le tweet de MTV puis cela s’est petit à petit stabilisé à quelques centaines de tweets par heure !

Bref. Merci les fans de Justin Bieber !

Avec Damian (cofondateur), nous sommes toujours en recherche d’un business model pour ce side-project original. Si vous avez des idées de BM, si vous voulez racheter le projet pour plus d’un million d’euros ou encore, si vous aimez ce projet, n’hésitez à poster un commentaire ci-dessous ou nous envoyer un petit mail :)

 

Les levées de fonds, c’est pas automatique !

- J’ai une startup
- T’as levé des fonds ?
- Non
- Donc t’as pas de startup

Source : tweet de Ludovic Fleury

Voilà presque ce qu’on pourrait entendre dans un rendez-vous entre entrepreneurs.

Le constat

Cela fait quelques années que je fréquente le monde de l’entrepreneuriat français et je suis toujours surpris de voir à quel point la levée de fonds est un réflexe pour la plupart des startupers.

Demandez à une startup web qui démarre son objectif pour les prochains mois. 95% de chance pour qu’elle vous réponde qu’elle compte développer un proto en quelques mois puis aller chercher un business angel pour faire une levée de fonds de 300 000 € afin de finaliser son service pour tenter de capter le marché, puis d’aller chercher des VC pour accélérer tout ça.

Les levées de fonds réussies donnent lieu à des fêtes, des articles dithyrambiques dans la presse spécialisée… On pourrait finir par penser qu’une startup qui marche c’est avant tout une startup qui a réussi sa levée de fonds. Moi qui pensait que la réussite d’une société se mesurait aux bénéfices générés, aux emplois créés, à sa capacité à changer la vie des gens…

Les entrepreneurs sont formatés à cette idée par tout leur entourage : les coaches, les incubateurs, les entrepreneurs qu’ils rencontrent, les articles qu’ils lisent, les cours d’entrepreneuriat en école de commerce…

Mais alors est-il possible de faire sans ? pourquoi ?

Pourquoi faire sans ?

Je ne vais pas refaire toute l’argumentation. Certains l’ont fait longtemps avant moi, comme 37signals dans leur livre Rework.

Un business angel ou un VC attend un retour sur son investissement. Ce ne sont pas des philanthropes. Vous allez devoir lui rendre des comptes, écouter ses conseils… Difficile de garder sa créativité du départ et sa vision dans une telle situation !

J’ai créé une société avant tout pour changer un petit peu le monde selon mes convictions, mes valeurs, ma vision des choses… J’aime beaucoup ma liberté de faire ce que je veux sans toujours penser à la rentabilité. Cette liberté me permet de toujours rester cohérent avec avec ma vision, de prendre des risques, de tester des choses…

Je serais terriblement frustré si un matin un homme en costard-cravate me disait d’arrêter ce que je suis en train de faire car cela n’est pas en accord avec les objectifs fixés.

Et puis, une boîte qui a de vraies valeurs, ça plait !

De plus, avoir peu d’argent en caisse pousse au pragmatisme. Je vois régulièrement des entrepreneurs développer des applications d’une complexité folle sans jamais poser une question à un utilisateur potentiel. S’ils n’avaient pas d’argent, ils seraient pragmatiques et devraient régulièrement tester leur service. Il gagnerait en simplicité et répondrait bien mieux aux besoins des clients.

Ca a du bon parfois de n’avoir qu’un petit compte en banque !

Mon souhait

Je ne suis pas contre la levée de fonds. Evidemment qu’il faut lever des fonds lorsqu’on a besoin de faire 10 ans de recherche pour créer un médicament.

J’aimerais simplement faire véhiculer l’idée qu’il est parfois possible de faire sans. J’aimerais que les entrepreneurs pensent à cette alternative. Bref, les levées de fonds, c’est pas automatique !

Pour illustrer tout ça, j’aimerais interviewer certains entrepreneurs qui ont créé de belles boites sans lever de fonds. J’aimerais qu’ils nous expliquent comment ils ont commencé, comment ils ont géré les moments difficiles, pourquoi ils ont choisi de ne pas lever de fonds…

Donc, si vous être ok pour une petite interview, envoyez-moi un mail, un tweet, un commentaire, un pigeon voyageur… :)