17 nov 2011
Salut Matthieu,
Nous nous sommes connus durant nos études à Polytech’Nice Sophia. Nous étions dans la même promo. Tu es aujourd’hui formateur Ruby on Rails sur Paris et ton point de vue m’intéresse.
Je souhaite interviewer quelques personnes aux profils divers afin d’avoir un état des lieux de la communauté en France et de réfléchir ensemble à comment la faire évoluer.
Si tu le veux bien, j’aimerais en savoir plus sur ta vision de Ruby.
- Peux-tu te présenter en quelques lignes ?
Bonjour ! J’ai 27 ans et je vis sur Paris.
Je suis passionné par le développement depuis presque 10 ans. Depuis mes études à Polytech’Nice, une école d’ingénieurs en informatique, je suis passé par de grandes sociétés comme Orange, mais c’est vraiment dans des petites structures que j’ai commencé à m’épanouir (petite SSII, startup).
J’ai commencé mes premières applications web début 2006 avec Python et le framework TurboGears. Je ne connaissais à l’époque que C / C++ et Java. La découverte de Python fut pour moi une bonne surprise : un langage simple et efficace. TurboGears n’était pas assez mûr à ce moment là, il souffrait d’un sérieux manque de cohérence.
C’était décidé, mes prochains projets serait en PHP ! La syntaxe me plaisait moins que Python mais la communauté était très dynamique. Il y avait beaucoup de librairies disponibles et des frameworks web de qualité. Le framework CodeIgniter me convenait parfaitement, je trouvais l’architecture MVC très bien pensée. Mes projets étaient mieux structurés, plus faciles à maintenir. Son seul défaut était son ORM vraiment trop léger. Je ne voulais plus écrire de SQL, surtout pour des requêtes basiques et redondantes.
J’ai intégré en 2008 une startup créé par des anciens d’Apple. Leurs produits était en Java avec le framework conçu et utilisé par Apple : WebObjects. Je n’en avais jamais entendu parlé. Pourtant il était utilisé pour iTunes Music store, Apple store etc, bref des sites à fort trafic. WebObjects reste pour moi un vrai bijoux. Il allie la rapidité de Java avec une architecture MVC déconcertante de simplicité. Son point fort : un ORM très puissant. Par exemple, on peut modifier toute une grappe d’objets persistants avec une grande élégance, entièrement en Java. Puis faire un UNDO sur la grappe pour retrouver l’état d’origine. On peut bien sûr faire un REDO pour retrouver nos changement, et tout cela sans une requête SQL ! Ce n’est bien sûr qu’un exemple de la efficacité de cet ORM.
Après la sortie de Ruby on Rails 3, j’ai décidé de m’y remettre en tant qu’indépendant. J’ai donc créé ma société de conseil et développement web autour de cette technologie. Aujourd’hui, je suis formateur Ruby on Rails.
Enfin, comme tu le sais sûrement, j’ai co-fondé avec toi le site d’actualité RubyLive :)
- Qui sont tes clients ? Que leur apportes-tu ?
Mes activités sont assez variées. Cela va de la conception d’application web à des missions, plus ponctuelles, de conseil. Mes clients vont de la SSII à la start-up en passant par de grands comptes comme la Société Générale.
Après plusieurs demandes de la part de clients souhaitant une formation Ruby on Rails. J’ai voulu me lancer. J’ai réfléchi à la manière dont j’aurais aimé apprendre ce framework.
Je voulais que cela soit simple, ludique et pratique à la manière de Code School ou encore du livre Agile Web Development with Rails.
Le stagiaire construit un petit projet qu’il développe au fur et à mesure de sa progression dans les notions de Rails. Au bout de 3 jours, il déploie son projet sur Heroku.
- Comment as-tu commencé à développer en Ruby ? Quelles ont été tes motivations ?
Je suis tombé dans le Ruby en école d’ingénieur. J’étais frustré par la complexité des technologies enseignées dans mon école comme par exemple J2EE.
C’est en 2006 que j’ai découvert les joies de Ruby on Rails. Avec 3 amis dans le cadre d’un projet d’école, nous voulions faire une application de partage de notes : le google docs des post-it !
Mon premier contact avec Ruby fut assez déroutant, en particulier avec les blocks, j’ai mis du temps à me faire à la syntaxe. J’étais déjà moins perturbé par Ruby on Rails qui reprenait des concepts que je connaissais déjà. Il y avait cependant un réel plus, deux principes : Convention Over Configuration et DRY : Don’t Repeat Yourself ! Avec ces deux principes, le travail en équipe devenait un vrai plaisir : nous savions tous où trouver le code des autres et il y avait moins de mauvaises surprises. De plus, les tests et les migrations de base de données amélioraient encore plus le travail en groupe. Nous pouvions faire évoluer la structure de la base en équipe tout en évitant les régressions.
En 3 semaines nous avions un prototype fonctionnel : on pouvait inviter des amis sur un «bureau» et partager avec eux des post-it en temps réel avec du push (déplacement, redimensionnement, couleur, texte).
Notre professeur était sidéré par notre avancé. Il ne connaissait pas Ruby. Il a, par la suite, suivi notre projet avec un grand intérêt. L’année d’après il enseignait le Ruby à l’école !
- Considères-tu Ruby et Ruby on Rails comme un avantage concurrentiel ? Pourquoi ?
Lien : Les avantages de Ruby on Rails
- Peux-tu me décrire ton environnement de travail habituel ? Quels gems, langages, techno, OS, IDE, méthodes utilises-tu ?
Je travaille sous Mac avec TextMate. Mon navigateur est Safari. J’utilise TotalTerminal pour avoir mon terminal accessible à tout moment sur n’importe quel bureau. Ma base de données est sur PostgreSQL, cela me permet d’avoir moins de mauvaises surprises lorsque je déploie sur Heroku.
Coté serveur, je développe essentiellement avec Ruby on Rails (2.3, 3.0 et 3.1).
Pour le JavaScript : CoffeeScript avec JQuery, pour les feuilles de style : SCSS avec Compass, et HAML pour le templating.
Coté design, le bootstrap twitter rend mes applications présentables pour un client en attendant le graphiste.
Les gems que j’utilise régulièrement : Devise pour l’authentification, Simple_form pour la génération des formulaires, Boilerplate pour le HTML5, ActiveAdmin pour l’interface d’administration, Resque pour la gestion des tâches de fond, Sunspot pour la recherche, state_machine pour la gestion des états, SettingsLogic pour la configuration de l’application.
Je déploie mes applications sur Heroku. Je me sers de Github pour héberger mon code.
Pour gérer les projets, mes clients et moi utilisons PivotalTracker, un outil dédié à la gestion de projet en Scrum. Ils sont donc au courant en temps réel de mes avancés qu’ils peuvent à tout moment voir en ligne.
- Que penses-tu de la communauté Ruby en France ?
Depuis ces 6 derniers mois, la communauté Ruby en France s’agrandit et se dynamise.
Le nombre d’offres d’emploi Ruby augmente, de nouveaux apéros Ruby fleurissent partout en France. En moins de 6 mois, les apéros Ruby sur Paris sont passés de 10 à 90 participants et je pense que cela va continuer à augmenter.
Sur le web, le constat est le même, plusieurs blogs ont vu le jour récemment, les articles francophones sur Ruby se multiplient. RubyLive montre nettement ce phénomène. En moins de 3 semaines, nous avons eux plus d’une centaine articles, la plupart en français, de sources très différentes.
L’intérêt pour Ruby en France fait naître une demande croissante de ressources écrites en Français, de présentations pour débutant, de partage avec des Rubistes.
- As-tu des idées pour améliorer la situation actuelle de la communauté ruby ?
Les apéros Ruby sont un vecteur essentiel du dynamisme de la communauté en France. Des nouvelles têtes arrivent avec une foule de questions, c’est important qu’ils puissent trouver des rubistes avec qui parler, ainsi que des présentations pour débutant. C’est l’occasion, pour les rubistes, d’échanger et de se connaître. Je trouve que c’est vraiment stimulant de se rencontrer physiquement régulièrement.
Je pense qu’il y a un gros travail de pédagogie à fournir pour expliquer quels sont les atouts de la technologie, que peut-on faire avec, ect.
Enfin, je pense qu’il faut donner de la visibilité et soutenir le partage d’articles parlant de Ruby. C’est ce que j’essaye de faire avec RubyLive.
- Quel rôle l’association Ruby France doit avoir aujourd’hui ?
L’organisation du dernier RailsCamp par Yann Klis était un succès, de même pour le Ruby Lugdunum. L’association Ruby France devrait favoriser encore plus ce genre d’initiatives.
Les entreprises devraient pouvoir sponsoriser Ruby France chaque année. Cela permettrait à l’association de payer à temps partiel un ou deux community managers dont le seul but serait de promouvoir Ruby dans les écoles, les entreprises, les évènements informatiques. Ruby France devrait aussi rémunérer un communiquant chargé de décrocher des sponsoring de grosses sociétés (Microsoft, Heroku, Engine Yard, etc.).
L’argent récolté pourrait servir à soutenir des actions locales ou des événements plus importants (nationaux ou européens).
- Je te laisse le dernier mot pour conclure :)
Je vous donne rendez-vous au prochain apéro Ruby sur Paris (tous les premiers mardis du mois). N’hésitez pas à partager vos articles ou à suivre l’actualité sur Rubylive.
Merci beaucoup de m’avoir accordé un peu de ton temps.
Vous pouvez retrouver Matthieu Segret sur Twitter ou sur son blog.
14 oct 2011
J’ai 34 ans, je suis ingénieur des Mines de Saint-Etienne, avec une spécialisation en informatique et micro-électronique. J’ai travaillé une dizaine d’années à l’étranger où je me suis consacré à la gestion d’archives audiovisuelles numériques au sein d’une multinationale.
A mon retour en France, je me suis installé à Bordeaux où j’ai fondé Wopata, une entreprise de prestation de services spécialisée dans la réalisation d’applications web (Ruby on Rails) et mobiles (iOS, Android). Wopata est récemment devenue éditeur avec sa propre suite logicielle Pillango dédiée à l’intervention humanitaire.
- Quand as-tu commencé à développer en Ruby ? Quelles ont été tes motivations ?
J’ai commencé à développer en Ruby en 2005 via la version 0.6 de Rails (sic).
Les technologies que j’utilisais au quotidien dans mon travail ne me convenaient plus et je ressentais notamment de la frustration par rapport à l’ORM que nous avions développé en interne. J’ai découvert Rails et Active Record et j’ai tout de suite compris leur potentiel !
- Considères-tu Ruby et Ruby on Rails comme un avantage concurrentiel ? Pourquoi ?
Je ne constate pas de demande d’utilisation d’une technologie précise de la part de nos clients. Certains peuvent être sensibles à une technologie en particulier ; d’autres viennent nous voir parce qu’on s’appuie sur des méthodes agiles.
Par contre, ils nous demandent tous d’être efficaces et surtout flexibles.
Le langage Ruby est à mon sens un de ceux qui répond le mieux à ces impératifs. Je vais prendre l’exemple de la modélisation. Nous n’avons plus besoin de passer par des modèles conceptuels de données. Grâce à la grande flexibilité de Ruby / Ruby on Rails, nous concevons directement les modèles physiques.
Un autre point fort de Ruby c’est sa communauté très active. On a accès à une multitude de gems, de plugins… A Wopata, Ruby est la pierre angulaire de tous nos développements web, en particulier pour Pillango. La réalisation de Pillango a été rendue possible grâce aux Rails Engines qui nous ont permis d’arriver à une architecture très flexible.
- Peux-tu me décrire ton environnement de travail habituel ? Quels gems, langages, techno, OS, IDE, méthodes utilises-tu ?
L’équipe de Wopata compte une quinzaine de personnes aujourd’hui. J’ai donc un peu abandonné la partie technique même si je garde encore quelques heures par semaine pour faire de la veille et du prototypage.
Je peux te décrire l’environnement habituel dans lequel travaille l’équipe.
A Wopata, nous sommes habitués à travailler sous Mac et Linux. Nos développements se font essentiellement sous Rails 3.1. On utilise aussi RVM et Homebrew comme package managers.
La quasi totalité de nos applications est hébérgée sur le Cloud . Les projets les plus gros pour lesquels on a besoin de configurations spécifiques sont hébérgés sur Amazon EC2 et les projets de taille moyenne sont hébérgés via Heroku, pour simplifier le déploiement.
On utilise les gems mainstream comme Cancan, Devise ou Paperclip. De plus, nous avons nos propres gems, par exemple pour synchroniser les bases de données serveur avec les bases de nos applications mobiles.
Nous n’utilisons pas d’IDE. Nous préférons les éditeurs de texte tels que Textmate et vim.
On se sert de Git pour tous nos projets avec un workflow qui repose sur l’utilisation de branches.
Nous avons recours à une myriade de services externes car notre métier n’est pas tant le développement mais plus l’intégration de briques (Postmark, Websolr).
- Que penses-tu de la communauté Ruby en France ?
Je peux donner mon sentiment sur deux axes: la communauté des développeurs et en tant que recruteur.
Du point de vue des développeurs, la communauté est en pleine construction. Comme tu le sais, il y a des niches très actives à Sophia Antipolis, Lyon, Strasbourg ou Paris mais à Bordeaux on est encore assez isolé même si quelques évènements voient le jour. A noter bientôt le premier apéro Ruby à Bordeaux qui aura lieu tous les mois.
Ayant recruté plusieurs développeurs depuis la création de Wopata, je constate que les formations sur Ruby sont souvent inexistantes. A mon avis, cela s’explique par le fait que les écoles n’ont pas encore toutes compris l’enjeu de ce type de technologie. J’espère que la situation va s’améliorer au fil du temps. J’y contribue modestement en donnant des cours sur Ruby et Ruby on Rails dans une école d’ingénieurs à Paris. Par ailleurs, il existe de bonnes offres d’e-learning comme Rails for Zombies.
- As-tu des idées pour améliorer la situation actuelle de la communauté ruby ?
La communauté des développeurs est très active. Il nous reste maintenant à sensibiliser les chefs de projets, les chefs de produits et autres décideurs qui doivent comprendre ce qu’on gagne à utiliser ces technologies.
A ma connaissance, il n’existe pas d’annuaire de projets référence qui ont été faits avec Ruby on Rails, … et pourtant ils existent ! Il serait intéressant d’avoir des études de cas avec une approche plutôt business que technique.
- Quel rôle l’association Ruby France doit avoir aujourd’hui ?
Nous ne sommes pas membre de cette association, il me parait donc difficile de donner mon sentiment. Toutefois, son rôle fédérateur devrait pouvoir sensibiliser professionnels et écoles.
- Je te laisse le dernier mot pour conclure :)
L’enjeu de la communauté est de montrer qu’avec Ruby et Ruby on Rails on arrive à être efficace et à réaliser de belles choses. Attention, arrêtons tout de même de mettre en concurrence Ruby et Ruby on Rails avec d’autres technologies, afin d’éviter de passer pour une communauté dogmatique et arrogante. Tout le monde est le bienvenu … surtout à Wopata ! Nous sommes actuellement à la recherche de nouveaux talents pour rejoindre l’équipe.
- Merci beaucoup de m’avoir accordé un peu de ton temps.
3 oct 2011
Bonjour Thibaut,
On ne s’est jamais rencontré, mais je te vois souvent dans ma timeline Twitter. J’entends souvent parler de toi aussi.
Je souhaite interviewer quelques personnes aux profils divers afin d’avoir un état des lieux de la communauté en France et de réfléchir ensemble à comment la faire évoluer.
Tu es freelance depuis plusieurs années et ce point de vue m’intéresse !
Si tu le veux bien, j’aimerais en savoir plus sur toi et ta vision de Ruby.
- Peux-tu te présenter en quelques lignes ?
Bonjour ! Je m’appelle Thibaut Barrère, j’ai 34 ans. J’ai créé ma société LoGeek en 2005. En 2010, ma compagne Cécile m’a rejoint pour travailler avec moi.
Nous travaillons sur notre premier produit SAAS, WiseCash, qui aide les freelances et petites structures à anticiper et optimiser leur trésorerie (c’est une appli Rails 3.1 pour l’anecdote).
Mon activité principale en dehors de WiseCash est le consulting : accompagnement technologique, majoritairement avec Ruby et RubyOnRails. Je travaille en particulier sur l’automatisation au sein des entreprises, l’interfaçage entre plusieurs systèmes (legacy, CRM, flux de données…), le traitement de données (ETL, Datawarehouse) et le développement en Ruby ou Rails en général. Je gère généralement la totalité du cycle projet, du recueil du besoin, au développement itératif à la Scrum (je suis certifié Scrum Product Owner), au déploiement et provisioning de serveurs et à la maintenance. Je travaille généralement avec mes clients sur la durée, dans une relation de confiance.
- Comment se passent les relations entre freelances Ruby ? Y-a-t-il des groupes qui s’entraident par exemple ?
J’ai des échanges fréquents par mail, téléphone ou IRC, avec un bon groupe de Rubyistes, freelances ou non. Les relations entre nous sont très bonnes.
Les échanges sont nombreux et on s’entraide, que ça soit sur des sujets techniques (que penses-tu de MongoId ? Backbone.js ? etc), sur des sujets de gestion de projet (pour s’aider à estimer correctement un projet compliqué), pour partager des outils nouveaux, ou encore sur de l’administratif ou du commercial (comment gère-t-on la TVA sur un produit SAAS ?).
On se transmet également les demandes de clients qu’on ne peut pas traiter.
Donc pour les gens que je connais en tout cas : un vrai sens de l’entraide.
- Quand as-tu commencé à développer en Ruby ? Quelles ont été tes motivations ?
J’ai débuté en 2004. Ma motivation initiale était de pouvoir compiler, sous Windows, une librairie C++ qui venait de Solaris et dont les outils de build n’étaient pas disponibles sur Windows. Rake et Ruby m’ont permis de recréer ce qui était nécessaire en une cinquantaine de lignes et en moins de temps que je ne l’aurais espéré.
J’ai continué à me servir de Ruby en clientèle (parsing de logs, outils de build, etc.), puis je me suis mis à utiliser Rails en 2005. J’ai réalisé une première application personnelle pour apprendre, puis j’ai proposé à un client d’utiliser la techno pour répondre à un de leurs besoins, et ainsi de suite.
Une force de Ruby est qu’avec une connaissance minime du langage, on peut déjà résoudre des problèmes et apprendre au fur et à mesure selon ses besoins.
- Considères-tu Ruby et Ruby on Rails comme un avantage concurrentiel ? Pourquoi ?
Je considère Ruby en général comme un avantage concurrentiel très conséquent, pour plusieurs raisons que je vais détailler.
La concision du langage et la productivité que j’obtiens avec Ruby, comparativement aux autres plateformes que j’utilise, est nettement plus importante. La concision, qui paraît un détail sympathique au début, a des ramifications à tous les étages, notamment sur l’écosystème disponible, ou la capacité à refactorer ou comprendre intégralement une application.
L’écosystème de librairies et outils, d’autre part (plugins variés, mais aussi pièces d’infrastructure comme Resque, outils de provisioning de serveur comme Chef) est d’une grande richesse.
Le test automatisé est fortement engrainé dans le monde Ruby, avec une perpétuelle recherche d’amélioration sur “comment bien tester une application” (ce qui me permet de refactorer une application à l’envie).
Finalement, en quelques années, déployer une application Ruby normale est passé du sujet d’expert à quelque chose de facile (ex: Heroku, DotCloud, Passenger…), avec une foultitude d’outils tels que NewRelic, AirBrake, pour instrumenter le tout.
- Peux-tu me décrire ton environnement de travail habituel ? Quels gems, langages, techno, OS, IDE, méthodes utilises-tu ?
Je travaille sur Mac avec TextMate, et j’utilise des VM Windows via VirtualBox quand c’est utile.
J’utilise les gems suivants : Rails 3/2, Ruby 1.9/1.8, Guard, JasmineRice, Rake, Haml, Sass, Resque/DelayedJob, Sunspot (Solr), ThinkingSphinx, API Cache, Redis store (cache), Rufus scheduler, Amazon/ECS, MongoMapper/Mongomatic, RSpec ou Test::Unit, Cucumber, FactoryGirl, Awesome Print, Will Paginate, Prawn / PDF::Writer, Acts as Taggable variés, Nokogiri/Hpricot/libxml, Hoptoad/ExceptionNotifier, Whenever ou autres gems pour cron, Capistrano ou Chef-solo.
Pour les traitements de données ETL, j’utilise généralement ActiveWarehouse-ETL, librairie open-source dont je suis l’actuel mainteneur, ou une variante plus légère.
Les OS et technos varient : cette année j’ai travaillé en Rails 3/MySQL déployé sur Ubuntu, en JRuby+Java+Resque déployé sur Windows Server 2003, en Rails 3+MongoDB déployé sur Heroku, en Rails 2+Ruby 1.8.7 déployé sur SliceHost… Je m’adapte à ce qui est pertinent pour mes clients.
Le mode opératoire est généralement agile : j’ai tendance à utiliser Acunote pour les estimations et les sprints à la Scrum, à travailler à distance, à faire du pair-programming de temps en temps (même à distance), à tester rigoureusement.
Je facture à l’heure passée exclusivement, et je tracke mon temps avec Freckle.
- Que penses-tu de la communauté Ruby en France ?
En préambule, je ne suis pas membre de l’association et je connais peu ses actions actuelles.
Je crois beaucoup, pour développer la communauté, à :
Si quelqu’un veut me contacter pour discuter, vous êtes le bienvenu => thib…@gmail.com
Merci beaucoup de m’avoir accordé un peu de ton temps.
Merci à toi pour ton initiative qui donne plus de visibilité à la communauté Ruby en France :)
27 sept 2011
- Peux-tu te présenter en quelques lignes ?
Bruno Michel, 28 ans, Paris. J’ai fait des études d’informatique à l’IIE-CNAM (ça s’appelle maintenant ENSIIE) et j’ai obtenu mon diplôme d’ingénieur. Je travaille chez af83 depuis plusieurs années. Mon poste actuel est Lead Developer mais ça change régulièrement. En parallèle, je m’occupe également de Ruby France et de LinuxFr.org, un site web populaire sur Linux et le Logiciel Libre. D’ailleurs, la version actuelle de LinuxFr.org tourne en Ruby on Rails et j’en suis le développeur principal.
- Quand as-tu commencé à développer en Ruby ? Quelles ont été tes motivations ?
Hum, je dirais en 2004 ou 2005. À l’époque, Ruby n’était vraiment pas connu (c’était avant Ruby on Rails) et j’ai commencé un peu par hasard. Je codais surtout en C, un peu en C++ et j’avais envie d’essayer des langages de programmation de plus haut niveau. J’ai essayé Perl mais je n’ai pas vraiment accroché. Un ami m’a alors parlé de Ruby et je suis tombé à peu près au même moment sur le Poignant Guide. J’ai alors fait mes premiers scripts en Ruby et j’ai tout de suite adoré la facilité avec laquelle on peut écrire très rapidement des programmes.
- Considères-tu Ruby et Ruby on Rails comme un avantage concurrentiel ? Pourquoi ?
Ça dépend. Certains clients peuvent être réticents à utiliser Ruby on Rails plutôt que du PHP ou du Java car cela peut poser des problèmes avec leur hébergeur actuel ou pour trouver une autre société de services pour reprendre le projet si ça se passe mal. Mais une fois cette phase passée, Ruby on Rails est redoutablement efficace pour développer des applications web avec des délais serrés et en évitant d’accumuler trop de dette technique. L’écosystème, notamment, est très riche, ce qui permet de trouver des gems (un gem est une bibliothèque en Ruby packagée pour pouvoir être installée en une commande) pour beaucoup de besoins et de gagner ainsi beaucoup de temps. L’autre grand avantage de Ruby est que sa communauté est très pragmatique et n’hésite pas à essayer beaucoup de solutions pour ne garder que la meilleure. Nous avons ainsi la primeur sur les outils et méthodes : Framework MVC, TDD (Test Driven Development), framework CSS, déploiement automatisé ont, par exemple, été adoptés par les rubyistes avant de se répandre ailleurs.
- Peux-tu me décrire ton environnement de travail habituel ? Quels gems, langages, techno, OS, IDE, méthodes utilises-tu ?
Je travaille exclusivement sous GNU/Linux avec des distributions comme Debian et Ubuntu. Pour l’IDE, c’est Vim + des terminaux ;-)
Par contre, pour le reste, je suis très versatile. J’aime bien essayer de nouveaux langages, de nouvelles méthodes, en changer pour éviter la routine. Par exemple, pour les langages, Ruby est bien évidemment mon langage de prédilection mais je fais aussi beaucoup de JavaScript/CoffeeScript, je suis de près ce qui passe du coté de Go, j’ai récemment fait un projet en C et ça m’arrive de débugger du Java ou de lire de l’Erlang. Et si j’arrive à trouver un peu de temps, j’aimerais bien me mettre à Fancy.
Coté technos, j’utilise pas mal de NoSQL (principalement Redis et MongoDB) et d’Evented Programming (EventMachine et Node.js). Et pour les gems, j’ai bien sûr mes préférés comme Goliath, Devise, Pry ou Redcarpet, mais ça change beaucoup d’un projet à l’autre.
- Que penses-tu de la communauté Ruby en France ?
J’ai un avis très mitigé sur la communauté Ruby en France. Ces dernières années, Ruby France a une activité très limitée, principalement par le manque de bonnes volontés pour l’animer. Nous avons également des problèmes assez sérieux : par exemple, il est très difficile pour une société de recruter un développeur Ruby on Rails expérimenté.
Mais, j’ai l’impression que la communauté est en train de se prendre en main pour faire changer ça. Des formations autour de Ruby se sont mises en place et de nouvelles têtes, comme toi Camille, sont arrivées pour insuffler de la vie dans cette communauté. Les apéros Ruby qui se multiplient sont un bel exemple de cette nouvelle énergie. J’ai donc bon espoir que la communauté Ruby grandisse et devienne mieux structurée dans les années à venir.
- As-tu des idées pour améliorer la situation actuelle de la communauté Ruby ?
Je pourrais citer pas mal de propositions (aller parler de Ruby et Rails dans les écoles d’informatique, monter des conférences prestigieuses comme pouvait l’être Paris on Rails, publier un livre blanc sur Ruby en France), mais si personne n’est là pour les réaliser, ça ne servirait à rien. Pour que la situation s’améliore, le plus important que de plus de personnes s’investissent, chacun à sa manière. Certains seront plus à l’aise à écrire un article pour GNU/Linux Magazine France, d’autres à organiser un apéro Ruby ou encore à faire une présentation lors d’une conférence comme OSDC.fr.
- Peux-tu m’expliquer le rôle de l’association Ruby France ?
Initialement, Ruby France s’est créé quand Ruby était encore confidentiel. L’association servait alors de point de rencontre et discussions entre les rubyistes français. Son objectif principal est la promotion de Ruby mais les moyens pour y parvenir changent au fil du temps : écrire de la documentation en Français nous semble maintenant bien moins important qu’au début de l’association. Par contre, nous essayons de faire naître et grandir des groupes d’utilisateurs dans les différentes villes et d’être un point d’échange entre ces groupes.
- Pourquoi as-tu décidé de devenir le nouveau président de l’association ?
Parce qu’il en fallait un ;-)
Plus sérieusement, je suis toujours émerveillé par la communauté Ruby dans le monde et je pense que la communauté française a aussi le potentiel pour faire des trucs géniaux. Et pour ça arrive, je suis prêt à donner de mon temps et énergie à faire avancer les choses.
- En tant que nouveau président quelles ont été tes premières actions ?
J’ai commencé par faire un état des lieux et essayé de relancer une dynamique au sein de l’association. Pour cela, j’ai choisi des actions relativement faciles à mettre en place mais qui permettent de montrer que ça avance : avoir un site web avec régulièrement de l’activité, être plus présent aux événements (on a sponsorisé Ruby Lugdunum, tenu un stand aux Rencontres Mondiales du Logiciel Libre et aidé à l’organisation d’OSDC.fr) et informer régulièrement les membres de Ruby France via la mailing-list interne.
Et pour la suite, il est toujours prévu de changer les statuts de l’association (trop lourds et trop compliqués à gérer), de continuer à mettre à jour les différents contenus présents sur notre site web et d’essayer de lier des partenariats pour accentuer notre présence sur Internet.
- Comment vois-tu l’association dans quelques années ?
Probablement pas beaucoup plus active que maintenant. Mais j’espère qu’elle sera un hub entre des groupes d’utilisateurs locaux dans les différentes villes qui, eux, seront très actifs. L’association pourra également servir de structure légale pour aider à l’organisation d’événements importants (faire les factures pour les sponsors et gérer la trésorerie par exemple).
- Je te laisse le dernier mot pour conclure :)
Merci de m’avoir proposé cette interview. Cela fait plaisir de te voir t’investir dans la communauté et, avec un peu de chance, cela donnera de bonnes idées à d’autres :)
- Merci beaucoup de m’avoir accordé un peu de ton temps.
Vous pouvez suivre Bruno sur Twitter et Github
Vous avez des questions à lui poser, des remarques à faire ou des idées à proposer ? Laissez un petit commentaire :)
19 sept 2011
- Peux-tu tout d’abord te présenter en quelques lignes ?
Je m’appelle Yann Klis, j’ai 33 ans et j’habite Strasbourg. J’ai créé Novelys en 2005, une petite entreprise dont la vocation est le développement d’applications web. Par application web, j’entends sites web complexes dont les développements peuvent durer plusieurs mois, voire plusieurs années. On ne fait pas d’intégration de CMS, de blog ou de boutique en ligne. Chaque projet est nouveau (certains diront innovant). Depuis le départ, nous utilisons Ruby et Ruby on Rails, ce qui nous place parmi les premiers en France à avoir utilisé cette technologie. Le fait que Ruby on Rails soit relativement récent dans le paysage fait qu’à peu près la moitié de nos clients sont des startups, ou tout du moins des projets en création, c’est-à-dire où tout est à faire mais aussi sans historique. L’autre moitié de nos clients sont des gens qui viennent spécifiquement nous voir pour nos compétences Ruby/Rails ou alors parce que nous allons pouvoir régler un problème complexe grâce à Ruby/Rails.
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