Improvisez votre entreprise

Mercredi 28 octobre, j’étais invité par le Blend Web Mix pour animer la plénière de fermeture du premier jour sur le thème de l’improvisation et de l’entrepreneuriat. Il y avait plus de 1700 participants cette année !

Comme vous le savez, je suis le co-fondateur de Human Coders, un centre de formation et de conseil pour développeurs, et de Pragmatic Entrepreneurs, une agence de conseil pour entrepreneurs. J’ai également été mentor dans différents événements, notamment Startup Weekend. Ces différentes expériences m’ont permis d’observer et accompagner de nombreux entrepreneurs.

En parallèle de ça, je me suis intéressé à l’improvisation. D’abord, en intégrant la troupe théâtrale des Ours Molaires, puis en m’intéressant à l’improvisation musicale en apprenant la guitare.

En observant entrepreneurs et improvisateurs, je me suis rendu compte que les bons entrepreneurs se comportent comme de bons improvisateurs. Ils savent être à l’écoute et réagir à l’imprévu.

Ce n’est pas parce qu’on improvise qu’il n’y a pas de construction, bien au contraire, c’est le but de l’impro. Une bonne impro doit conduire à quelque chose de cohérent et construit.

L’improvisation (et donc l’entrepreneuriat) requiert de respecter certaines règles. L’idée de la conférence était de montrer l’importance de ces règles. Cette fois-ci, pas de slides ni de longs discours, mais une animation punchy, accompagné par les Ours Molaires !
Nous avons abordé 4 règles essentielles de l’impro (en faisant à chaque fois le parallèle avec l’entrepreneuriat). Pour illustrer chaque règle, j’ai demandé aux improvisateurs de faire une impro classique, puis de la recommencer en enlevant une des règles essentielles. A chaque fois qu’une règle est enlevée on s’aperçoit qu’il n’y a plus de construction et donc d’histoire.

Les 4 règles essentielles de l’improvisateur et donc, de l’entrepreneur

Ecouter

Sans écoute, les improvisateurs ne font pas attention aux autres et peuvent finir par jouer chacun dans leur coin. De la même façon, un entrepreneur qui « manque d’écoute » ne va pas tenir compte de son environnement (clients, contexte, coaches, partenaires…). Il ne va en faire qu’à sa tête, croire qu’il a la meilleure idée du monde…

Ne pas faire de rudesse

Une rudesse en impro, c’est quand un joueur impose des choses à un autre joueur (son nom, son métier, la raison pour laquelle il est là…). De la même façon certains entrepreneurs peuvent parfois être rude. Dans ce cas, ils peuvent être têtus et directifs, imposer leurs idées/méthodes/visions à leurs associés ou leurs clients…

Ne pas faire de clichés

En impro, on fait une faute de cliché lorsqu’on utilise une scène d’un film connu par exemple. Les entrepreneurs peuvent aussi avoir un comportement similaire en copiant sans prendre de recul ce que font certains concurrents.

Ne pas cabotiner

Un cabotinage c’est quand un joueur fait une blague ou une remarque qui ne fait pas avancer l’histoire. De la même façon, certains entrepreneurs peuvent se déconcentrer de leur objectif principal et se lancer dans plein d’activités parasites : se concentrer sur des détails, participer à des multitudes d’événements, lancer des side-projects ou de nouveaux business…

Entreprenez en improvisant

Pour conclure, ces règles sont essentielles pour qu’une impro conduise à une histoire cohérente. Si vous êtes entrepreneur, je vous invite à essayer de suivre ces règles. Cela vous permettra d’être plus à l’écoute et plus concentré sur votre entreprise.
Sortez de votre zone de confort et improvisez !

Pragmatic Entrepreneurs News, le Hacker News francophone

Un an après l’annonce du lancement du forum (qui accueille plus de 1000 visiteurs par jour aujourd’hui !), Pragmatic Entrepreneurs est fier d’annoncer la sortie de Pragmatic Entrepreneurs News.

Logo Pragmatic Entrepreneurs News

En quelques mots

Pragmatic Entrepreneurs NewsPragmatic Entrepreneurs News est un Hacker News-like à destination des entrepreneurs/startupers francophones.
N’importe quel membre peut poster un lien. Ensuite, la communauté vote pour les ressources qu’elle a le plus aimées. Ces dernières seront d’autant plus visibles qu’elles auront reçu un nombre important de votes.

Objectif

Le but de Pragmatic Entrepreneurs News est mettre en avant les ressources francophones de qualité qui peuvent intéresser les entrepreneurs. Grâce à vos votes, les meilleures seront les plus visibles.
La communauté Pragmatic Entrepreneurs (+22000 followers sur Twitter, +1000 visiteurs par jour sur le Forum…) est en train de vite l’adopter !

Comment commencer ?

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Bonne veille !

PS : Vous pouvez partager vos idées/remarques à propos de ce nouveau projet sur Pragmatic Entrepreneurs Forum.

Comment j’ai appris la guitare électrique en 6 mois

Après m’être lancé différents challenges comme faire partie d’une troupe d’impro, faire de l’hypnose de rue, lancer Pragmatic Entrepreneurs… Il y a 6 mois, je me suis lancé un nouveau défi : apprendre à jouer de la guitare électrique et improviser avec.

J’avais déjà fait de la musique plus jeune. J’avais pris des cours d’accordéon lorsque j’étais au primaire, puis de la batterie au collège. Je n’avais plus touché à un instrument depuis des années. En gros, je savais lire une partition simple et jouer quelques morceaux/rythmes basiques.

Rapidement, je me suis dirigé vers l’improvisation et plus spécifiquement le blues. Je trouvais cela bien plus attirant que de répéter un morceau des centaines de fois pour tenter le jouer à la perfection. J’ai décidé de commencer à apprendre en autodidacte.

On m’a conseillé de commencer à jouer sur une guitare sèche, de jouer avec les doigts avant d’utiliser un médiator, d’apprendre des morceaux par coeur, de travailler des gammes… J’ai fait tout l’inverse ! J’ai fait de l’impro à la guitare électrique :)

Les débuts

En janvier dernier, un ami me prête une guitare (merci Raphaël) et j’achète un iRig HD pour la brancher sur mon Mac. L’iRig HD m’offre plusieurs avantages par rapport à un ampli classique : je peux jouer avec un casque (et donc m’entrainer à 3h du matin sans gêner les voisins !), je peux m’enregistrer facilement, je peux utiliser des softs comme GarageBand ou Guitar Rig et ainsi avoir accès à des tonnes d’effets…

Cours GarageBandJ’ai commencé à apprendre grâce à GarageBand. Il y a un ensemble de cours pour apprendre les bases, ainsi qu’un pour le blues et un pour le rock. Les cours sont d’une qualité remarquable, j’ai toujours pas trouvé mieux sur le net. Les cours sont clairs et bien produits, on peut ralentir/accélérer les exercices, on peut s’enregistrer et avoir un score à la fin (comme sur Guitar Hero)…

J’achète ma guitare et un ampli

Au bout de quelques semaines je commence à bien m’amuser et je suis de faire quelques notes pour essayer une guitare et voir si elle me plait. Alors je vais essayer des guitares dans un magasin en ville.
Je m’aperçois vite que je n’ai pas le niveau pour en tester et en choisir une. Chaque fois que j’en trouve une sympa, le vendeur m’explique gentiment que c’est la plus mauvaise du rayon ! Alors, je me fie aux avis que je trouve sur le net et craque pour une Epiphone Les Paul Traditional PRO. Je suis toujours très content de ce choix.

Epiphone Les Paul Traditional PRO NoireMon anniversaire arrivant, j’en profite pour me faire offrir un petit ampli, Cube 10-GX, afin de pouvoir jouer sans casque et faire quelques démos.

Je me disperse

Au bout de 2-3 mois, je commence à avoir fait le tour des cours de GarageBand. Je cherche d’autres ressources sur le net et je me retrouve rapidement perdu devant l’avalanche de vidéos, d’articles… J’ai du mal à trouver ce qu’il me faut : soit ce n’est pas à mon niveau, soit le cours privilégie le par coeur à une explication de la théorie ou à de l’impro, ou encore, il s’agit d’exercices répétitifs dont je me lasse très vite.

Je perds beaucoup de temps à trouver de bonnes ressources. Je navigue de vidéos en vidéos, d’articles en articles… Je découvre tout de même quelques ressources sympa comme Guitare::Improvisation et Musictheory.

Mon envie de continuer à progresser reste là. Depuis le début je m’enregistre régulièrement et chaque fois que je les réécoute dans l’ordre, je ne peux que constater un net progrès, et ça me motive !

Je décide de prendre des cours sur Montpellier

Au bout de 3-4 mois en autodidacte, je cherche à prendre des cours avec un professeur ou une école de musique sur Montpellier. Un ami me conseille les cours de guitare de Loïc Tézénas. Il a une excellente connaissance de la théorie musicale, des années de pratiques et il est très sympa, parfait ! Si vous cherchez un professeur de guitare sur Montpellier, ne cherchez plus et contactez-le de ma part :)
Rapidement, Loïc comprend mon projet et il m’accompagne dans l’apprentissage de la guitare et l’exploration de l’improvisation musicale en commençant par le blues (on a aussi fait un peu de Jazz et de Rock).

Cours de guitare électrique à Montpellier

J’essaye de faire en sorte qu’on travaille un maximum la pratique durant les cours et tente d’apprendre la théorie musicale tout seul. Loïc m’a conseillé la lecture de La Partition Intérieure (la bible de théorie musicale pour le Jazz et les musiques improvisées en général).
Je dois avouer qu’on fait régulièrement des points théoriques en cours quand même :)

J’ai du apprendre tout un tas de notions : les bases de l’harmonie, les modes, les compositions et extensions des accords, les modulations, les cadences… Certaines ont des noms par très rassurants comme « La dynamique linéaire dans les progressions harmoniques tonales » ! Mais je trouve ça passionnant. De plus, pour pouvoir improviser, il faut comprendre ce qu’on peut jouer et quand.

Déjà 6 mois !

Cela fait maintenant 6 mois que j’ai commencé. J’ai monté un groupe avec des amis, on joue 1-2h toutes les semaines dans une salle de répet (avec de bons gros amplis!). Je continue à prendre 1h de cours par semaine. Je joue de la guitare 2-3 fois par jour par sessions assez courtes (20-30 min) en général. Je m’enregistre régulièrement sur des improvisations (c’est un très bon exo et ça permet de prendre du recul sur ce qu’on fait).

Je me suis fait une playlist Soundcloud avec mes meilleurs enregistrements comme ça vous pourrez voir l’évolution (Note: ce n’est pas parce que c’est les meilleurs qu’ils sont bons !). Par exemple, voilà ma dernière impro :

J’ai également fait joujou sur Whojam, un site récent qui permet de faire des jams à plusieurs. Voilà un exemple :

Capture d’écran 2015-07-08 à 17.21.30

Et maintenant…

Maintenant, j’ai envie d’améliorer encore ma pratique de la guitare (être plus dans le tempo, jouer plus rapidement, arriver à faire des pull-offs propres…). Je veux également continuer à explorer le blues et pourquoi pas d’autres styles qui peuvent laisser une place importante à de l’impro. Et surtout, je souhaite continuer à m’amuser, jouer avec des amis, enregistrer des impro… :)

Si ça vous dit qu’on fasse une jam ensemble sur Montpellier, faites signe :)

Edit : Dernièrement, je me suis amusé à développer un site sur la Théorie de la musique pour ceux que cela intéressent.

10 raisons d’entreprendre

Suite à une initiative lancée sur Pragmatic Entrepreneurs, nous sommes plusieurs entrepreneurs à s’être lancé le défi de répondre régulièrement à une question. Nos différentes réponses seront rassemblées sur le forum. Pour la première, la question posée est « Pourquoi entreprendre ? ».

Pour répondre à cette question, voici 10 raisons d’entreprendre :

Impact

Un entrepreneur crée généralement une entreprise pour combler un manque, répondre à besoin… C’est un moyen de faire évoluer le monde en fonction de ses valeurs et de sa vision.
Un entrepreneur a nécessairement un impact sur son environnement.

Créativité

Pour réussir, il faut savoir être plus malin que les autres, innover, se différencier… C’est un jeu permanent qui permet d’exprimer toute sa créativité.

Progrès

eL’entrepreneur est libre d’exploiter le maximum de ses compétences. Il a même intérêt à le faire ! Si tout le monde agissait de la sorte, on innoverait plus et on se dirigerait certainement plus vite vers un monde meilleur.

Ecoute

Lorsqu’on entreprend, il faut savoir être à l’écoute. L’entrepreneur doit comprendre les problèmes et besoins des gens pour y répondre le plus simplement et rapidement possible.
On développe l’écoute avec le temps. C’est une grande qualité à cultiver.

Liberté

Je sais pas vous, mais moi, lorsque j’étais salarié, je n’arrêtais pas de me demander ce que j’aurais fait à la place de mon chef. Aujourd’hui, en tant qu’entrepreneur, je fais ce que je veux ! Je peux choisir ma stratégie, définir mon image, coder ce que je veux, travailler quand je veux et d’où je veux…

Développement personnel

Un entrepreneur doit faire les bons choix, connaître au mieux son environnement, s’adapter aux changements… Pour se faire, il doit régulièrement se remettre en question et évoluer. Il doit sans cesse acquérir de nouvelles compétences.
Etre entrepreneur, c’est aussi grandir plus vite. On développe ses compétences, ses qualités, sa confiance en soi…

Mode de vie

Entreprendre, c’est aussi pouvoir choisir son mode de vie.
Par exemple, chez Human Coders, avec mon associé, nous avons fait des choix pour nous libérer un maximum de temps. Aujourd’hui, nous avons la chance de ne travailler que quelques heures par semaine.

Alternative au salariat

A l’école, on m’a appris à être un bon salarié. On m’a appris à respecter des consignes, faire un CV, écrire une lettre de motivation, passer un entretien… Bizarrement, on ne m’a jamais expliqué comment trouver un client ou encore comment créer une société.  Pourtant, il faut bien des entrepreneurs pour qu’il y ait des salariés non ? :)
Plus l’entrepreneuriat va se démocratiser, plus il deviendra une vraie alternative au salariat.

Satisfaction

Un entrepreneur travaille sur SON projet et SA vision. Si cela réussit, c’est directement grâce à lui. Quoi de plus satisfaisant ?

Fun

L’entrepreneuriat est aussi un jeu. On fait des choix, des stratégies, des tactiques… C’est un vrai jeu de stratégie grandeur nature !

Rendez-vous sur Pragmatic Entrepreneurs pour prolonger la discussion !

Qu’est-ce que tu fais dans la vie ? Je travaille !

« Qu’est-ce que tu fais dans la vie ? », voilà une question qui est très souvent posée et à laquelle tout le monde répond la même chose, son métier.
On retrouve la même structure dans d’autres langues. En anglais on dit « What is your occupation? » et en espagnol « ¿A qué te dedicas? » (du verbe dedicar qui signifie se consacrer).
Mais pourquoi répond-on ceci ?

Le travail occupe une grande partie de notre temps

Les français dorment 7 heures et 47 minutes par nuit en moyenne. Nous sommes donc réveillés 24*7-7,78*7 ≈ 113,54 heures par semaine.

Sachant qu’en France, nous travaillons 39,5h en moyenne par semaine, le travail occupe donc 39,5/113,54 ≈ 35% de notre temps !

Sachant qu’il nous faut aussi du temps pour manger, se laver, se déplacer, faire les courses… une fois le travail enlevé, il reste relativement peu de temps.

Donc, si on interprète la question « Qu’est-ce que tu fais dans la vie ? » comme une question à propos de ce qui occupe notre temps, il est logique qu’on réponde généralement par notre métier.

Le travail, LE moyen de se sentir utile

On pourrait interpréter la question « Qu’est-ce que tu fais dans la vie ? » différemment. Cette question peut aussi vouloir dire « Qu’est-ce que tu accomplis dans la vie ? » voire « En quoi te sens-tu utile dans la vie ? », sans considération de temps.

Dans ce cas encore, la plupart répondrait par leur métier. J’ai pu m’en rendre compte durant ma démarche de diminution de mon temps de travail (notamment grâce aux « semaines Off »). Je me suis moi-même souvent demandé en quoi j’allais être utile le jour où je travaillerai moins.
J’ai même ressenti une certaine pression sociale qui m’amène régulièrement à me justifier de l’utilisation de mon temps, maintenant que j’ai beaucoup de temps libre.

Je pense qu’il s’agit d’un problème d’éducation et de culture. On est tous éduqués (formatés ?) à un modèle où le travail est la partie « utile » et le reste est du loisir pour nous détendre et nous changer les idées. C’est réducteur. Pourquoi une activité en dehors du travail ne pourrait-elle pas être utile ?

Qu’est-ce que tu fais dans la vie ? Je fais… plein de choses !

J’aimerais qu’on réfléchisse tous aux différentes choses que nous faisons et peut-être qu’on commencera à répondre différemment lorsqu’on nous demande « Qu’est-ce que tu fais dans la vie ? ».

Nous pouvons être utiles de différentes façons. Quelqu’un qui contribue à une association humanitaire est évidement utile. Mais nous sommes utiles bien plus souvent que nous ne le pensons. Personnellement, je me sens utile quand je donne un conseil à un autre entrepreneur, quand je participe à un match d’impro, ou encore en ce moment même où je suis en train d’écrire cet article.

Bref, j’espère que la prochaine fois qu’on vous demandera ce que vous faites dans la vie, vous vous souviendrez de cet article et que vous répondrez par une liste des activités qui vous font vibrer, qui vous rendent fier de ce que vous êtes, qui changent le monde…

Et vous, que faites-vous dans la vie ?